Nuances de vert… qui finissent par énerver
Avec pas mal de retard, je viens de voir le premier épisode du Vinvin Show, produit et réalisé par Les Raconteurs, société de production que Vinvin a co-fondé récemment. C’est drôle, très bien fait… et en plus, ça m’a fait réfléchir 5 minutes (durée maximum de concentration qui soit à ma portée
).
Comme beaucoup de monde à présent, je me sens concerné par l’avenir de notre planète, l’empreinte carbone que nous laissons, le réchauffement et ses conséquences, le manque d’eau… Quand j’en ai l’occasion, j’essaye de m’engager un peu sur une cause ou une autre, en fonction de l’écho qu’elle éveille en moi et des moyens que j’ai à ce moment-là. Je ne vais pas vous faire la liste de mes dernières actions car ce n’est pas le sujet de cette note, mais disons que je reste relativement actif.
Pourtant, je me demande parfois si nos préoccupations en matière de développement durable de virent pas, de temps en temps, au grand n’importe quoi.
J’ai souvent constaté la justesse de la loi de Pareto, sur quasiment tous les domaines où elle est transposable… et le développement durable n’y échappe pas. Il existe de gigantesques gisements d’économie en matière d’émission de CO2, comme l’arrêt de la déforestation, un travail de fond sur le bâtiment, le développement d’énergies alternatives performantes, des systèmes de culture faisant appel à davantage de technologie, des organisation du travail qui réduisent la très grande majorité des déplacements, etc…
Et pourtant, je ne vois que des actions vers ce qui n’est pas de premier impact. D’ailleurs, je me suis surpris à me sentir coupable parce que nous avons installé des décorations de Noël autour de la maison, luminaires qui, forcément, consomment de l’énergie… Je me suis surpris à crier après mes enfants parce qu’ils avaient passé 5 minutes de plus à jouer sous la douche, laissant couler l’eau chaude (alors que nous leur avions déjà demandé d’arrêter les bains)… Je me suis surpris à ne pas remonter mon vieux BJ40 que j’aimais tant, et qui est éparpillé dans un garage depuis 2001 car, avant d’être une vieille voiture terriblement attachante, c’est un 4×4 et, ces derniers temps, les 4×4, c’est le Mal absolu… Je me suis surpris à ne plus arroser mon jardin et ne plus laver ma voiture, qu’il y ait un arrêté l’interdisant ou pas car je veux pas contribuer à l’assèchement de l’Afrique pour que mon herbe soit plus verte… Enfin, j’ai claqué quelques dizaines de milliers d’euros pour isoler, mieux chauffer et verdiser ma maison, comme ça, sans qu’on m’y oblige…
Je ne remet pas en cause tout ce que j’ai changé dans ma façon de vivre, et je crois que certaines décisions étaient vraiment bonnes, comme celle de réduire de plus de 40% mes déplacements en avion (et d’y substituer le train ou les visio-conférences à chaque fois que c’était possible) ou de travailler l’isolation de ma maison. Mais pour le reste, j’ai juste l’impression de m’imposer tout un tas de choses qui ne font qu’effleurer le problème pendant qu’à coté de ça, on reste sur du Business as Usual. Les gouvernements réunis récemment à Copenhague ont fait la démonstration de leur incapacité à se mettre d’accord et brandissent un fabuleux « -20% en 2020″. Mon foyer a du faire un « -50% ces 5 dernières années »… et j’ai le sentiment d’avoir pissé dans un violon. Sarkozy a dit lors du sommet que nous étions la dernière génération à pouvoir encore faire quelque chose… Il ne semble pas si influent que cela, finalement, ou son anglais doit être médiocre car il n’a pas été entendu.
Alors, pour être honnête, je ne sais plus si je dois continuer à me préoccuper de questions qui, de toute façon et de toute évidence, sont hors de ma portée. Et ne venez pas me dire que toutes ces gouttes d’eau que j’ai apporté comme des millions d’autres dans le monde, font des ruisseaux… tant que je verrais des océans entiers sacrifiés sur l’autel de l’immobilisme général de nos dirigeants, de tous bords, de tous pays et de toutes conditions.
Je ne vais pas me mettre à verser de l’huile de vidange dans les ruisseaux pour autant (ni, plus bêtement, me remettre à prendre l’avion toute les 5 minutes ou à ranger mon vélo), mais je vais laisser mes enfants prendre des bains quand ils le souhaitent, allumer le soir mes décorations de Noël (car c’est une période dont la magie compte beaucoup pour ma famille) et envisager de remonter mon vieux BJ40 (ce que je ne ferai sans doute pas, n’en ayant ni le temps ni les compétences, mais il me plait à penser que ce sera possible un jour)…
















22 décembre 2009 à 18:24
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22 décembre 2009 à 18:31
Moi je crois que de petites gouttes font des ruisseaux et que dans notre société moderne seules les révolutions microscopiques et individuelles sont possiblent. Alors oui il faut faire attention mais le discours ambiant de culpabilisation du péquin moyen est tout simplement à vomir.
Au lieu d’expliquer et de faire prendre conscience on tape. On tape en espérant que le message rentre, c’est la tendance du moment.
Et on finit par dégoutter les gens de l’écologie, par entendre des types dirent : « moi je suis pas écolo c’est trop marketing » -veridique-
Seulement le but de l’écologie – telle que je la conçoit – c’est de faire prendre conscience que l’on est pas seul et que chaque petit geste influe sur un écosystème global.
Et c’est tout ! Si tu as conscience que ton bain est plus nuisible qu’une douche et que tu le déguste avec parcimonie comme ton cassoulet ou ta bouteille de 1982 alors ta démarche est écolo, plus c’est ce gâcher la vie pour rien… C’est tendre vers quelque chose que toi, seul, tu ne peux pas atteindre.
Ou alors il faut se faire une maison en fuste dans les bois, élever des poules et abandonner le business. Mais je suis pas sur que ce soit ton choix :p
22 décembre 2009 à 18:43
Yeaaaa man, alleluhia!!!!
Pareil
22 décembre 2009 à 19:06
Les méthodes de culpabilisation des consommateurs lambda, ne sont que des écrans pour nous faire croire que les solutions pour régler le problème nous appartiennent.
Certes on peut faire des gestes au quotidien, comme acheter des yahourts sans emballages, éviter les emballages individuels, etc. Je suis d’accord avec vous pour dire que ça représente peu de choses au niveau de l’individu, surtout quand on sait que la plupart des recyclages ne sont pas faits fautes de moyen dans les municipalités.
Les chiffres parlent d’eux même, avoir un chien génère la même empreinte carbone que posséder un 4×4. Pourquoi embêter les gens en 4×4 et pas ceux qui ont des chiens? Il faut voir les problèmes de plus haut. Pourquoi on déforeste en Amazonie? pour planter des céréales qui vont nourrir des bestiaux aux US qui seront tués pour faire des croquettes pour médor… Pourquoi blamer le propriétaire du chien quand la solution « évidente » qu’on lui donne c’est des croquettes alors que le chien pourrait manger qq chose de plus local.
Les actions doivent être menées en amont des chaînes de consommations, avant que les produits arrivent devant le consommateur dans le supermarché. Les grandes compagnies (fabricants de soda avec ses milliards de bouteilles, l’industrie lourde, etc)
Produire la nourriture locale élevages et céréales pour la population locale, réduire les transports de matière, réduire les emballages, simplifier.
Et nous laisser vivre sainement sans nous culpabiliser de laisser une lumière allumée 5 min de trop…
22 décembre 2009 à 23:14
J’ai le sentiment que tout ce que l’on peut s’imposer à l’échelle de l’individu ne sera effectivement qu’une goutte d’eau face des entreprises ou des pays entiers qui eux ne font absolument rien ou si peu !
C’est une bonne chose à mon avis que individuellement, chacun ait conscience de sa responsabilité pour faire un geste pour protéger la planète, mais de là à s’imposer des sacrifices qui n’ont en réalité qu’un impact excessivement limité…
Je rejoins julienbob ; quand on va au supermarché, est-ce notre faute si le produit de qualité a 3 emballages ? Est-ce pour cela que j’achèterais celui de moindre goût et de moindre qualité qui est moins emballé ? Non, même si je suis sensible à la protection de la planète, je ne laisserai pas de côté la qualité sanitaire et gustative. Je pense que ce sont les industriels qui doivent, en amont, nous permettre de faire nos choix sur les critères qui sont les nôtres, et ne pas nous culpabiliser.
23 décembre 2009 à 4:15
Oui je comprends ton point de vue, il faut trouver un juste milieu entre « dictature ecologique » et « dictature capitaliste »
Par contre je ne suis pas complètement d’accord avec quelques commentaires comme « Les actions doivent être menées en amont des chaînes de consommations » / « tout ce que l’on peut s’imposer à l’échelle de l’individu ne sera effectivement qu’une goutte d’eau face des entreprises ou des pays entiers ».
C’est certes vrai, en soi si on arrive à résoudre les problèmes en amont, ce serait l’idéal… mais cela reste probablement utopique de penser que tout se résoudra comme ça. Je pense fortement que s’il y a personne en fin de chaîne… alors on éliminera le début de chaîne…
En effet, je crois qu’on peut avoir beaucoup d’impacts au niveau de notre consommation/achats individuellement, et je pense notamment a l’alimentation par exemple. Si on achete des produits sains, bios (sans pesticides, boycott les ogms) et locaux (pour soutenir une agriculture local) tel que les achats de paniers AMAP ou dans les biocoop…etc.. je crois qu’on a vraiment un impact reel en aidant les agriculteurs a vivre de leur metier et a nous fournir une nourriture saine.. et ca pour moi c’est primordial.. notamment pour nos enfants et leur sante.
C’est pour moi l’un des aspects les plus importants de l’ecologie que de favoriser les agricultures respectueuses de l’environement et qui ne ravagent pas toute la richesse de nos terres et donc de la vie.
Mais effectivement meme si nous evitons de prendre des bains a titre personnel par souci ecologique par ex.. je crois qu’on a le droit de laisser nos enfants savourer ce plaisir…
Cependant, meme si des petits gestes paraissent parfois anodins, je crois que cela ne viendra que d’en bas et pas d’en haut…
et que si on ne veut pas finir comme l’ile de Nauru (dont j’ai découvert l’histoire il y a quelques jours): http://hasarddujour.com/2009/12/21/incroyable-histoire-de-nauru-l%e2%80%99ile-devastee-de-luc-folliet/
Il faut agir a notre niveau.
Ton exemple de la maison mieux isole est pour moi un exemple de chose qui a reel et fort impact sur le long terme, tout comme si on peut faire construire.. essayer de faire une construction ecologique me parait tout a fait de bon sens et important a generaliser. Et on n’est pas obligés d’attendre que des lois sortent pour nous imposer ce choix, à titre individuel on peut faire cette démarche…
Bref je reste convaincue que nous sommes aussi responsables du monde dans lequel on vit… si on cherche toujours le prix le moins cher au dépends de la qualité alors les entreprises nous vendent ce qu’on leur achète/demande…
23 décembre 2009 à 15:58
Assez d’accord avec toi. Les simplications culpabilisantes dont nous abreuvent les médias / bien pensants écolos m’épuisent.
Le plus grand paradoxe que je trouve à cette mode écolo, c’est qu’elle se doit d’être fondamentalement progressiste, alors qu’elle est poussée par des conservateurs (surtout la planête ne doit pas changer d’un pouce, tout changement devant être imputable à la mauvaise conduite de l’homme). Les périodes de glaciation se reproduiront à nouveau, les continents bougeront encore, et c’est à nous de nous adapter à notre environnement au lieu de pleurnicher…
Je n’ai aucun problème avec le côté progressiste, étant profondément pour l’innovation et pour interragir avec l’environnement de manière plus intelligente, cesser de consommer en quelques instants des éléments qui ont mis des milliers d’années à être produits, même si mon confort / mes habitudes doivent en souffrir.
Mais le côté donneur de leçons, simplifiant la complexité des causes/conséquences à l’échelle de notre planête, limite niant le droit à l’homme d’avoir sa place sur terre… je le vomis. Il est stérile et limite dangereux. Et puis que les donneurs de leçon prêchent par l’exemple, en nous montrant ce qu’il faudrait faire (et la vie » d’avant » n’était pas mieux).