Et au milieu coule une rivière…
Depuis mon retour des Etats-Unis, pas mal de mes amis – proches ou Facebook – m’ont demandé ce que je faisais en ce moment. Attention, cette note va être longue
Même avec le recul des années et la lucidité que cela amène forcément, je n’ai toujours pas réussi à corriger l’un de mes principaux défauts, à savoir le manque de concentration. Je ne parle pas de celle qui vous empêche de lire un texte sans penser à autre chose, je vous parle de celle qui fait qu’au bout d’un certain temps, vous faites trop de choses et du coup, quelque soit l’énergie que vous y mettez, vous ne faites plus rien correctement.

Mais, Votre Honneur, je voudrais plaider non coupable. Ce n’est pas de ma faute, c’est ancré dans mes gênes : dès que je vois un projet passionnant, et bien, de fait, il me passionne et il faut que je m’y investisse… Le moteur de tout ça, ce n’est ni la soif de l’argent, encore moins celle de la gloire, c’est une envie folle de faire avancer les choses, de les prendre à bras le corps, de les pousser, de les dynamiser, d’essayer plus ou moins adroitement de les amener plus loin… et bien-sûr, d’avoir l’impression dans mon coin et à ma petite mesure, d’un peu changer mon le monde.
Mon passage aux Etats-Unis m’a donné un certain recul par rapport à « ce problème ». Il ne m’a pas guéri pour autant, mais il m’a au moins amené à réfléchir et à décider ce que je voulais faire des années qui sont devant moi.
Au deuxième trimestre de cette année, j’ai décidé de quitter Stonfield InWorld pour me consacrer à mes propres projets, mais aussi pour libérer un peu de mon temps. J’en ai beaucoup parlé avec David, avec qui j’avais co-fondé cette start-up, ne serait-ce que pour trouver le chemin le plus transparent possible pour l’entreprise. Le temps que tout se mette en place mais aussi que je revienne des Etats-Unis, mon départ n’a vraiment été effectif qu’au mois de Juillet.
Au passage, tant qu’à faire des changements, David en a profité pour redonner à la société le nom juridique qui a toujours été le sien : Immersive Lab. Il l’a fait pour deux raisons principales : ce nom est un meilleur reflet de la stratégie qu’il va à présent déployer, toujours très centrée sur les Univers Virtuels (même si le Web vient forcément s’y immiscer) et par ailleurs, l’usage de la marque commerciale Stonfield InWorld a créé une certaine confusion avec une de mes sociétés historiques, Stonfield, qui fait un métier tout aussi passionnant mais dans un domaine très différent.
Je sais que David fera d’Immersive Lab une belle société. C’est un vrai entrepreneur qui a une vision très éclairée et juste de ce que les Univers Virtuels peuvent apporter à une entreprise. Il dispose d’une équipe de gens biens qui sont vraiment à la hauteur et le champs des possibles comme le potentiel sont immenses.
Je sais qu’il a horreur que je dise cela, mais comme maintenant, je ne suis plus impliqué dans sa société, je dis ce que je veux
Au delà de nos affinités et d’un grand nombre de valeurs communes, je me suis associé avec David car je considérais à l’époque qu’il était, de loin, le meilleur expert français en matière d’Univers Virtuels. Maintenant que j’ai eu l’occasion de côtoyer bon nombre d’acteurs qui font pourtant ce marché, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, je crois sincèrement qu’il a mis la barre bien plus haut encore, barre que bien peu « d’experts » pourraient à peine effleurer. J’ai beaucoup appris avec lui, au delà du plaisir d’être de cette partie, et je l’en remercie.
Et maintenant, que vais-je faire, de tout ce temps…

En fait, un de mes objectifs était de libérer un peu de mon temps pour prendre le temps, justement. Cela a duré quelques jours avant de faire long feu. Je crois que je ne suis pas fait pour cela
Voici donc comment je vais sans doute occuper mes journées dans les semaines et les mois qui viennent.
Je vais d’abord me consacrer à Stonfield, une entreprise extraordinaire, dont le métier est de rendre plus performantes des équipes de commerciaux, de dirigeants, de partenaires, de collaborateurs, etc… Cela passe par des solutions déployées et éprouvées depuis plus de 6 ans maintenant, à base de conseil, de formation, de coaching d’équipe, mais aussi d’événements d’entreprise de type Séminaires, Conventions, Voyages de Récompense… Tout ces « outils » sont remixés dans une certaine harmonie et surtout avec beaucoup de cohérence dans un seul objectif : traiter une problématique de motivation, de cohésion d’équipe, de communication interne, de mobilisation vers un objectif commun, etc…
L’approche de Stonfield, qui cible pourtant un métier somme toute assez traditionnel, est extrêmement innovante, car je continu de penser que l’innovation est le meilleur moyen d’avancer pour une entreprise. Votre capacité à innover est l’une des raisons principales pour lesquelles vos clients font appel à vous, quelque soit votre secteur. Je vais donc passer une partie de mon temps à aider Julien, le dirigeant de Stonfield, à inventer les méthodes que nous proposerons demain, à imaginer des processus d’accompagnement sur le long terme de nos clients (car je suis convaincu que c’est dans le temps que nos actions sont les plus efficaces) et de ce fait, porter le marketing de l’entreprise qui est forcément très lié aux futures offres que nous bâtissons. Au passage, je reste également au bureau de Stonfield Team Acting, une association Loi de 1901 présidée par Stéphane, que dont le rôle est de porter la partie citoyenne des projets de team-building ou de récompense ayant un caractère humanitaire, écologique ou sanitaire.
Dans un même temps, je vais également me consacrer à Labotec, très jeune start-up que j’ai co-fondé à Miami avec Florian Seroussi et dont le Core Business est de développer des applications mobiles (iPhone, BlackBerry, Android…) sur la base d’idées collectées sur un modèle assez innovant de Crowd Sourcing. Nous en sommes à peine aux tous premiers pas de la société qui a été créée il y a 3 ou 4 mois à peine. Depuis, nous avons collecté des centaines d’idées (uniquement sur la France pour l’instant). Une grosse poignée de celles-ci a été sélectionné et est en cours de développement, principalement à destination de la plateforme iPhone mais aussi Blackberry. Les premières devraient être disponibles dans quelques semaines, et devraient arriver sur le marché simultanément au lancement de l’entreprise aux US. Sans vouloir rendre public des informations qui ne peuvent pas l’être encore, mes journées autour de Labotec parlent de financement, de recrutement, de capital, de développement, de partenariats, de légal, de marketing… bref, de tout ce qui fait la vie d’une start-up technologique. Je m’implique et agit aujourd’hui comme le ferait le CEO de Labotec, mais ce n’est que temporaire sur ce mode car un autre, bien plus compétent et expérimenté sur ce marché, devra prendre le relais dès… que nous l’auront trouvé
Autant vous dire qu’il me tarde d’avoir bouclé quelques dossiers importants pour pouvoir vous parler de tout cela et essayer de vous faire vivre de l’intérieur une aventure qui va à 2000 à l’heure !
Dans un même mouvement, je vais rester à l’écoute de beaux projets portés par des entrepreneurs qui veulent faire des choses bien dans lesquels je puisse investir un peu. C’est la raison d’être de Kipost, ma société, et sans doute là que je puise mon énergie. Kipost est au capital de tous les projets dans lesquels je suis impliqué, comme Hellotipi, par exemple, et même si j’y ai des associés de longue date, c’est un peu mon petit chez moi…
Sur le temps qu’il me reste, je vais continuer à intervenir dans les Entreprises, les Ecoles ou les Universités qui voudront bien m’accueillir, sur le large thème « Business & Internet » et de l’impact qu’ont les Digital Enthusiastics sur nos organisations, nos marchés, notre marketing, notre recrutement… Cela se fera au travers de conférences, de séminaires, de conventions ou de tables rondes… et, si je peux, sous une forme quelconque de consulting qui me permettra d’aller plus loin que la simple évangélisation ou sensibilisation. C’est souvent assez frustrant de quitter un client après deux heures de présentation, en se disant qu’on pourrait l’aider plus concrètement à saisir les opportunités que les Médias Sociaux lui apportent. Si mes autres charges le permettent et si quelques dirigeants pensent que je peux leur être utile, j’essayerai de prendre une courte mission deux ou trois fois par an.
Je pense que tout cela devrait m’aider à ne pas m’ennuyer et entretenir la flamme, surtout si on y rajoute une grande place pour ma petite famille et un peu de temps pour jouer au golf ou suivre le Top14
















4 septembre 2009 à 11:45
Bonjour pocarles !
Alors comme ça tu nous quitte, nous les geeks/no life fan de MMO en tout genre? Snif
Stonfield Inwolrd est mort vive Immersive Lab & tes nombreux projets !
Tu étais pas hyperactif quand tu étais gamin?
4 septembre 2009 à 11:53
Bonjour PO,
Ton défaut est amusant puisque j’ai en quelque sorte le même. Par contre, t’a-t-il causé des problèmes?
Parce que, le fait de travailler sur plusieurs projets en même temps, ça fait que je n’ai jamais rien lancé. J’ai fait l’erreur de créer une société il y a 2 ans, et mes projets ne sont toujours restés…que des projets!
Certains projets dataient même depuis plusieurs années encore.
C’est très frustrant d’aller un matin sur Techcrunch et de voir l’équivalent de son projet lancé, opérationnel et qui rencontre du succès:
- 2004, je voulais lancer un magazine dont les rédacteurs étaient les internautes et quelques mois plus tard Agoravox est sortit
- 2006, je travaillais sur un moteur de recherche personnalisable utilisant Google et qui partagerait 85% des revenus publicitaires avec des assos humanitaires mais quelques mois plus tard doona.fr est sortit, sans être personnalisabe, puis ensuite, un concurrent sortit 1 an plus tard, Veosearch, a levé plus de 600 000 euros.
Aujourd’hui, j’essaie d’être à 100% sur un projet, et c’est difficile (des autres projets plein la tête).
En tout cas, moi ça n’a pas joué en ma faveur.
Par contre, Pierre-Olivier, tu as du concret et des réussites (de société) si je puis dire. Mais est-ce que ce trait de ta personnalité t’a causé du tort, en gros parle- nous de tes echecs
En tout cas, c’est sympathique de partager son expérience! =)
Hubert
4 septembre 2009 à 12:49
@hubert je peux témoigner le plus gros échec de Pierre Olivier, et il est de taille, c’est de ne rien connaître au rugby
bon c’est pas vraiment un échec.. plutot une lacune mais il fallait que je le place ici, une bonne fois pour toutes.
4 septembre 2009 à 14:41
@Xavier : Non, je ne vous quitte pas vraiment, je ne suis juste plus un acteur mais je reste un ardent sympathisant !!
@Hubert : Ta question est trop difficile pour que je puisse répondre sur un simple commentaire. Nous rencontrons tous des échecs, de différentes natures. Je n’ai jamais déposé le bilan d’une entreprise (si c’est la question) mais il est arrivé que cela passe très près. Je n’en fais pas une gloire car j’ai souvent eu une part de chance, d’être au bon endroit au bon moment, d’être bien entouré… Tous ceux qui entreprennent quelque chose prennent le risque de l’échec (et je ne suis bien évidemment pas à l’abri aujourd’hui, personne ne l’est jamais !)…
A la question de savoir si ce « défaut » ma posé des problèmes, je dirais que si je mettais 100% de mon énergie sur un seul projet, je le porterai bien plus loin, plus haut, mieux, plus vite… et je m’en dégagerai encore plus vite car la frustration d’être mono-centrique deviendrait trop forte. J’ai surement créé moins d’emplois que je n’aurais pu en créer, je suis à coup sûr beaucoup moins riche que ce que je pourrais être, je n’ai toujours pas changé le monde
mais je suis plutôt à l’aise sur ce modèle et les gens qui m’entourent le vivent bien ou s’éloignent très vite.
Ceci étant dit, un de ces jours, je ferai un post intitulé : Mon plus gros échec
@David : En vérité, je dois te le dire, c’est à cause de ton incapacité à comprendre ce qu’est le vrai rugby que j’ai décidé d’arrêter de travailler avec toi. Un jour, quand tu viendras à Toulouse, on ira à Ernest Wallon, pour un vrai match et tu verras la lumière
4 septembre 2009 à 15:26
ou ça ???
4 septembre 2009 à 20:35
Pierre-Olivier, ton parcours, ta franchise et ta bougeotte sont extraordinaire.
Je me retrouve dans ton envie de lancer des projets à tour de bras. Dans ton incapacité à rester concentré longtemps sur le même projet.
J’aimerais, un jour, te rencontrer et prendre le temps de discuter avec toi. Je pense que j’ai beaucoup à apprendre.
Pierre (entrepreneur dans âme)
4 septembre 2009 à 20:37
[...] this page was mentioned by David Castera (@davidcastera), Joel Rubino (@joelrubino), PierreOlivier Carles (@pocarles) and others. [...]
5 septembre 2009 à 13:23
[...] des mondes virtuels. Mais inutile de détailler ici, Pierre-Olivier l’a très bien fait sur ce post dans lequel il explique également son départ de la société afin de se consacrer à [...]
7 septembre 2009 à 12:06
[...] départ de Pierre Olivier, co fondateur de la société qui explique sa démarche et ses aspirations sur son blog. Parallèlement à cela, la société reprend son nom d’origine Immersive Lab pour éviter la [...]
7 septembre 2009 à 17:02
@David : Dans un temple du rugby européen !
@Pierre : On aura surement l’occasion un de ces jours…
9 septembre 2009 à 14:00
Salut PO,
, j’adore venir lire tes articles et je crois ne pas en avoir raté beaucoup depuis un moment.
Depuis que je ne te suis plus sur Twitter (trop de twitts pour moi + pas la même veille
Je choisi celui-ci pour te faire un petit coucou et pour te remercier, mine de rien, de faire partager ton expérience, ton présent et finalement ta transparence sur ton parcours et les émotions qu’il te procure. Mine de rien, même si pour toi tes actions sont naturelles, c’est montrer du courage et par conséquent, cela en transmet aussi. Merci.
J’espère bientôt te revoir sur Toulouse. ça fait un bail. Et les petits grandissent
10 septembre 2009 à 19:03
@Florent : Ton commentaire était parti dans l’anti-spam sans que je sache trop pourquoi. Je viens de le découvrir et il me fait très plaisir. Si mes notes te sont un tant soit peu utile, c’est déjà une véritable satisfaction…
Je ne suis pas sûr que ce soit du courage : il s’agit simplement d’être soi… On ne peut pas plaire à tout le monde, donc le plus sûr moyen de ne pas décevoir ceux qui t’approchent, je crois que c’est de les prévenir de ce que tu es avant qu’ils viennent au-devant de toi.
A bientôt pour un café dans Toulouse
10 septembre 2009 à 19:51
Je pense avoir deviné : Url de mon site trop longue (lien article) et tes plugins ont fait le boulot
@ bientôt
19 décembre 2009 à 12:29
[...] notre retour et mon recentrage sur des projets plus personnels, tout va pour le mieux. Bien-sûr, certains projets se développent très bien et le business est [...]
2 janvier 2010 à 14:03
[...] en quelques mots, je dirais que Pierre-Olivier Carles est un serial entrepreneur, avec des projets plein les poches, de la motivation à revendre, des conseils et des retours d’expérience sur la gestion de [...]