Tournée de l'équipe de France de rugby
Après plusieurs mois aux Etats-Unis, je dois avouer que j’ai vraiment été sevré de rugby. C’est sans doute pour cela que je n’ai pas raté un seul des 3 matchs de la série de tests du XV de France, d’abord en Nouvelle-Zélande puis en Australie.
Je ne vais pas entrer dans les détails (je suis meilleur supporter que technicien
), mais simplement souligner quelques points qui m’ont frappé, marqué, fais sourire ou agacé… un peu comme un ami qui ne ferait pas un rapport à charge mais un simple rapport d’étonnement.
Je vais d’abord retenir la première magnifique cape de Julien Dupuy. Comment pourrait-il mieux commencer une carrière en bleu ? Une excellente prestation où il s’est montré malin et accélérateur, pour signer une victoire, en NZ face aux Blacks… C’est sans doute encore un nouvel entrant pour cette charnière qui manque tant de stabilité, mais finalement, avec un tel talent, un de plus un de moins…
Je vais retenir également deux actions de Cédric Heymans : ce magnifique essai du bout du monde, où il laisse sa carte à 5 blacks… et cette magnifique vendange quand il oublie de servir « je ne sais plus qui » en étant plus que trop gourmand. Ce joueur a un talent hors du commun, mais je crois qu’il en gâche une partie par manque d’envie de faire briller ses partenaires (il n’en est pas là, mais on appelle ça méchamment un « coffre-à-ballons »). Il faut tenter d’accélérer, de surprendre, d’imposer du rythme et de produire du jeu et il est exceptionnel dans ce rôle, même si cela implique forcément beaucoup de déchet. Toutefois, notamment sur une relance très hasardeuse contre les Australiens, je crois qu’il est parfois utile de se souvenir que le rugby est un sport d’équipe.
Que penser de ces jets de bouteille pendant le tour d’honneur des Français lors du premier test ? J’en ai tellement été surpris que j’ai d’abord cru qu’il s’agissait de simples bouteilles vides en plastique qu’ils jetaient comme on jette des fleurs à un torero qui n’a pas démérité dans d’autres types d’arènes. Je n’avais même pas imaginé que cela puisse être fait avec mauvais esprit, surtout en Nouvelle-Zélande. Et pourtant…
Sur les joueurs, il y en a un qui m’a vraiment impressionné et qui est pour moi, le Français de cette tournée. Ce n’est pas Thierry Dusautoir qui a pourtant été aussi excellent comme joueur que comme capitaine, ni même Médars qui a le talent pour devenir l’un des tous meilleurs arrières du monde ni même Romain Millo-Chlusky, auteur d’une fantastique prestation… En fait, ce n’est pas un Toulousain mais un Biarrot : Fabien Barcella.
Les piliers sont rarement à l’honneur car même dans le rugby moderne, ils gardent un rôle obscur, bien à eux, bien entre eux. Barcella a été incroyable sur chacune de ses rencontres, pliant ses vis-à-vis les uns après les autres, souvent au soutien, toujours au combat. Il est rapide, tonique mais surtout infatigable et déterminé. Cette fois, je crois qu’on en tient un très bon, qui a des airs d’un Christian Califano et qui, surtout, ira très bien aux cotés de papas comme Mas ou Lecouls…
Enfin, et ce sera mon dernier point, je crois vraiment avoir aperçu la base d’un groupe lors du premier test contre ces Blacks maladroits, avec une envie de jouer et une agressivité qui faisait plaisir à voir. Ils n’ont pas confirmé sur le deuxième test sous le déluge de Wellington malgré un gros engagement et encore moins contre les Aussies mais cela ne m’a pas gêné finalement. J’aurais juste adoré voir Dupuy associé à Beauxis en Australie, même si cela aurait été pour inaugurer une ixième charnière… comme j’ai bien aimé voir Fritz (un peu en dessous de son niveau) et Mermoz jouer cote à cote au centre. Le dernier test-match était clairement de trop, utile pour les Wallabies mais pas pour les bleus.
Marc Lièvremont a progressé dans la construction de ce groupe et le passage en NZ va au moins lui donner du temps et un peu de répits. C’est de bonne augure pour la suite. On n’a pas encore une très grande équipe, mais on en a un bon draft.
Maintenant, il ne reste plus qu’à patienter en attendant la reprise du Top 14 courant Août… Les retours de sevrage sont parfois difficiles


















18 juillet 2009 à 23:17
Ne pas oublier la « Mention spéciale » pour Jo Maso et sa superbe gestion de l’affaire Bastareau…
19 juillet 2009 à 9:13
@Canard : C’est marrant que tu me parles de ça, parce que je me suis vraiment posé la question de l’évoquer ou pas.
Pour être transparent, j’avais même commencé à écrire dessus à la fin de la note et de fil en aiguille, cette partie est devenue aussi longue que le reste.
Finalement, j’ai décidé de tout supprimer et de me concentrer sur ce que je trouvais plus important… Ce truc est un non-événement en soit, qui a amené toute la planète rugby à s’excuser dans tous les sens (sauf peut-être Ségolène Royal qui a étrangement manqué ici une occasion pourtant facile à saisir de s’excuser pour un truc quelconque)
On verra sur les terrains ce que vaut Bastareau tout comme on verra lors des grands rendez-vous ce que vaut Jo Maso. Le reste, bof…