Karma… Kuçala
Attention : Cette note relève de la philosophie à 2 euros et n’est peut-être valable que pour moi. Je vous invite donc à ne pas perdre 5 minutes sur un sujet qui ne va pas vous passionner si ce genre de thème vous énerve.
Samedi soir, au Stade de France, les Catalans de l’USAP sont devenus Champions de France de Rugby… Je ne suis pas assez compétent pour vous faire une analyse plus poussée que celle que vous aurez au comptoir de votre bistrot préféré, mais j’en ai tiré une leçon très personnelle.
En début de saison, l’USAP attendait l’arrivée dans ses rangs du meilleur joueur du monde, tous postes confondus (et peut-être même, tous temps confondus) : Daniel Carter. L’équipe avait l’ambition folle de venir tutoyer les deux gros stades, et pourquoi pas, de ramener enfin ce bouclier de Brennus qui leur échappait depuis plus de 50 ans.
Tout était fait pour cela, avec un effectif vraiment bien équilibré, d’excellents joueurs concentrés et motivés, le tout emmené par un capitaine – que j’aime beaucoup – courage : Nicolas Mas. Au passage, Bernard Goutta, autre capitaine d’exception, était également dans l’ombre, pour aider tout ce beau monde à s’attaquer à la plus haute marche, tout ça, sous la houlette d’un Jacques Brunel plus déterminé que jamais.
Mais voilà, dans la vie, tout ne va pas toujours comme on l’a prévu. Après quelques sorties sous le maillot Sang et Or, Dan Carter s’est gravement blessé, mettant fin prématurément à sa saison dans la Sud de la France et laissant ses coéquipiers… sans numéro 10 de métier.
Imaginez deux secondes : Vous partez avec le meilleur joueur du monde à l’ouverture et vous vous retrouvez à faire glisser des 9 ou des centres en 10 d’un jour en fonction des besoins, des disponibilités ou des adversaires. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne vous met pas vraiment sur des rails pour venir chercher la première place. Non seulement votre équipe n’est plus aussi équilibrée et performante sur le plan collectif, mais en plus votre charnière (qui porte bien son nom) ne peut plus fonctionner comme les « plans » du coach le prévoyaient. Je ne vous parle même pas du coup au moral que certains joueurs doivent prendre forcément, la venue d’un Dan Carter étant un élément non négligeable pour ses coéquipiers.
Et pourtant, contre toute attente, cette équipe se mobilise, fait ce qu’elle croit être le mieux en fonction des circonstances, s’accroche aux décisions de son coach hors du terrain et de son capitaine sur le terrain et réalise ce qu’aucun autre effectif Sang et Or n’a su faire avant elle, ces 50 dernières années.
Bon, tout ça est très bien, mais vous devez vous demander ce que j’ai bien pu en tirer comme leçon ?!? C’est très simple. La vie est faite d’événements, parfois imprévisibles voir improbables, qui peuvent apparaître bons ou mauvais au premier abord (c’est à dire quand nous les vivons ou les apprenons). Toutefois, ils n’ont finalement que peu d’influence sur ce qu’il conviendrait sûrement d’appeler le Karma ou la Destinée, venant conforter l’idée que rien n’est finalement écrit définitivement.
A chaque fois, il existe des dizaines de chemins différents qui mènent au même endroit (ici, sur la plus haute marche du Top14). C’est vrai pour le Championnat de France de Rugby, mais également, vous vous en doutez, dans nos vies à tous comme celles de nos entreprises.
Une société, la plupart du temps, rencontre des problèmes ou des opportunités conjoncturelles, qu’il faut, je crois, savoir respectivement traiter ou saisir, mais les uns comme les autres ne préfigurent en rien de l’avenir de l’entreprise. C’est pour cela que l’on passe souvent des heures à débattre d’une stratégie ou d’une autre, sans pouvoir savoir au préalable si les deux ne seraient pas couronnées de succès (où ne mèneraient pas directement dans le mur).
Cette anecdote autour de l’USAP et de la perte de Dan Carter m’a conforté dans deux idées :
- Il n’est jamais trop tard pour changer les choses en bien et poursuivre le but ultime que l’on s’est fixé,
- Il n’y a que sur ses propres valeurs (en espérant qu’elles soient bonnes et positives) que l’on peut se reposer tellement l’avenir est imprévisible. Elles seules peuvent vous dicter ce qu’il y a de mieux à faire pour aller vers le but en question, dans votre vie personnelle comme professionnelle.
Ces deux idées ne sont peut-être vraies que pour moi et relèvent bien de la philosophie de comptoir, mais c’est déjà suffisant pour que je partage ces lignes avec vous





31 décembre 1969 à 23:59
New blog post: Karma… Ku
9 juin 2009 à 19:34
J’ai adoré, merci.
Le petit truc sympa, Carter est resté jusqu’au bout et a aimé notre pays (et sa cuisine si diverse).
9 juin 2009 à 20:13
Tu coaches Bayrou ou bien ?
La vie est pleine de surprises, bonnes et mauvaises, heureusement, sinon on s’ennuierait.
On a largement plus de satisfaction à réussir dans l’adversité, en découvrant de nouveaux chemins, et de nouvelles personnes, qu’à atteindre des objectifs évidents en suivant le train train quotidien.
Bon je file essayer d’avoir du Wifi correct dans cet hotel avant la réunion du Colab.
9 juin 2009 à 21:29
@JM : Oui, je pense que Dan Carter a été présenté à juste titre comme un mercenaire (venir prendre un gros chèque pour jouer les 2/3 d’une saison, il n’y a pas d’autre terme) mais qu’il est un mercenaire de valeur et dans l’esprit… Pas sûr qu’il ne soit resté que pour nos bonnes tables. Je pense qu’il se sentait également investit d’une sorte de rôle, rapport à son statut et à l’excellente impression que lui a laissé l’accueil du public Catalan.
@Enzooo : Non, je ne coache pas Bayrou… qui ne me l’a pas demandé, ce qui ne m’a pas donné l’occasion de refuser et qui, surtout, n’a pas besoin d’un coach mais plutôt d’un magicien.
10 juin 2009 à 11:29
Dan Carter ne reviendra jamais… il est dégouté à tout jamais… cette video de l’Indépendant est explicite : on l’a forcé à écouter Michel Sardou et Claude François… peut être même Cali aussi…
http://www.dailymotion.com/video/x9ildx_la-folle-nuit-de-lusap_news
PS je ne sais pas si tu as vu les videos du retour… toujours aussi sympa les « after »…
http://www.dailymotion.com/user/WEBINDEP/video/x9jafx_usap-le-vol-des-champions-de-retour_news
10 juin 2009 à 12:46
Bonjour ,
@PO : En restant sur ce comparatif philosophique du Sport et de la Vie, je partage entièrement ton point de vue, tes deux idées et je te remercie de l’exposer ainsi.
« Philosophie de comptoir » peut-être mais les valeurs fondamentales qui peuvent se construire à travers le sport, notamment collectif me paraissent toutefois un beau tremplin pour mettre ta deuxième idée en pratique. Et là, on n’est plus dans la « philosophie »..
Bien à toi
12 juin 2009 à 23:44
- Pour ce qui est des surprises de la vie, une petite histoire qui résonne dans le même sens : http://lamareacanard.blogspot.com/2009/03/petite-histoire-de-relativite.html
- Pour ce qui est de « magic dan », content que son tendon d’achille aille mieux d’après les images
.
Ya aussi une vidéo de l’ami en bringue au bar de Porcu, assez bonnarde. Il avait réussi son intégration je crois le bougre !