Les entrepreneurs paranoïaques… et les autres !

Je ne parle pas souvent de mes rencontres, car elles relèvent la plupart du temps, du domaine professionnel (donc soit elles sont confidentielles, soit elles ne présentent pas beaucoup d’intérêt si ce n’est pour Stonfield :-) ).

Logo_3Ceci étant, j’ai passé un petit moment avec Priscilla Rozé-Pages la semaine dernière, à évoquer le lancement de son entreprise Débit-Crédit.fr. En synthèse, il s’agit d’un outil en ASP, très bien fait, permettant à des particuliers comme à des professionnels de gérer leur trésorerie dans les meilleures conditions.

J’ai été assez touché par l’approche de Priscilla, qui est très ouverte et attentive à son écosystème.

Elle rencontre, comme tous les entrepreneurs, un certain nombre de points qui peuvent devenir des problèmes ou des enjeux majeurs pour son entreprise… et sur lesquels elle se pose des questions. Ce qui est plus rare, c’est qu’elle n’hésite pas à confier ces questions aux personnes, plus ou moins proches qui l’entourent. Beaucoup de patrons de start-up se montrent paranoïaques et considèrent que partager leurs problèmes est un aveu de faiblesse. Je pense qu’au contraire, c’est une marque d’intelligence, que d’essayer de capitaliser sur l’expérience ou le savoir-faire des gens qui nous entourent, sans craindre le jugement.

C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles, lors de la création de Stonfield, je me suis entouré de personnes de confiance, tous des amis et businessmen expérimentés, qui sont entrés au capital de la société (pour les impliquer plus qu’autre chose, ils n’ont vraiment pas besoin de cela pour vivre !) et que je peux consulter en fonction de leurs spécialités chaque fois que je dois prendre une décision importante. Je fais toujours quelques bétises, mais bien moins que si j’étais seul à toujours devoir avoir raison, sur des sujets allant de la stratégie à long terme de l’entreprise au choix du nombre de feuille du papier toilette dans nos bureaux.

C’est également ce qui se passe, lorsque l’on prépare une nouvelle entreprise. Doit-on partager l’idée avec le plus grand nombre, ou la garder jalousement pour ne pas se la faire voler ? Il fut un temps où je passais pas mal de temps à regarder de jeunes sociétés, avec un regard de manager ou d’investisseur, suivant les cas. Très souvent, après avoir signé un NDA de 10 pages en anglais, d’une solidité juridique plus que discutable, je recevais un business plan dans lequel l’idée géniale était de vendre des trucs par Internet ou de créer un comparateur de prix en ligne (comme les autres, mais mieux, of course !). En général, je supportais mal le choc psychologique que l’on peut subir devant une idée aussi innovante et je passais à autre chose.

Une chose est sure, c’est que le teasing que représente la paranoïa autour d’un projet monte encore un peu plus la barre en termes d’attentes de l’investisseur :-)

Au passage, si j’étais (toujours) un investisseur en recherche de « petits » dossiers prometteurs, je regarderai celui de Priscilla avec attention. Je le dis avec beaucoup d’objectivité, dans le sens où je n’ai aucun intérêt dans sa société (j’ai pris l’engagement de ne me concentrer que sur Stonfield mais que cela n’empêche pas, de temps en temps, d’avoir la main qui tremble :-) ).

Priscilla,
Bon courage pour la suite.
On pourra renouveler ce type de rencontre si elle se montrent utiles.

4 commentaires pour “Les entrepreneurs paranoïaques… et les autres !”

  1. 1 Olivier - un bureau sur la terre dit :

    L’union fait la force !
    Je me souviens en créant un bureau sur la terre, j’en parlais à tout le monde, on me disait « mais on va te piquer ton idée !! »
    Je répondais que ceux qui voulaient me la piquer était déjà en retard et que de toute les façons c’est pas sur l’idée que se fonde le business mais sur la manière dont on la concrétise. On sait aussi, et l’histoire le montre, qu’etre le premier n’est en aucun cas une garantie de succès.

  2. 2 Pierre-Olivier dit :

    Il y a souvent une prime au premier entrant… pour peu qu’il survive après avoir essuyé les plâtres.

    Les idées innovantes ne sont pas la principale cause de création d’entreprise. La plupart des projets lancés sont des idées classiques, qui seront plus ou moins bien exécutées.

  3. 3 L'Entreprise dans son Environnement - Mohamed GADI dit :

    Cher Pierre,

    Tout d’abord merci d’avoir posté un commentaire sur mon Blog (http://mgadi.blog.capital.fr)
    .

    Ensuite et pour rebondir sur la note, je parlerais d’une anecdote vécue au Mastère Spécialisé « Entrepreneuriat » à l’ESC Toulouse.
    Au début de l’année les professeurs nous demandaient si l’on avait un projet en tête. Personne ne répondait de peur de voir l’idée volée. Les étudiants se gardaient leur opportunité au secret.
    Comment alors ces étudiants peuvent-ils développer leur projet s’ils n’en parlent pas … s’ils ne s’écoutent pas parler …
    Nous savons tous que la création d’entreprise est une histoire d’homme d’abord.
    Par conséquent si le porteur de projet est convaincu, s’il est attaché à son idée, personne ne pourra faire vivre le projet comme lui.
    Ce qui nous amène à conclure que le fait d’échanger sur son idée, même à des étapes très précoces, ne peut être que bénénique pour la construction du business …

  4. 4 Pierre-Olivier dit :

    Au delà de cela, c’est surtout un bon moyen d’avancer, en se faisant challenger par d’autres.

    On ne peut pas être omniscient et attendre d’avoir la vérité pour avancer…
    Comme disait un grand monsieur du cinéma : « Deux intellectuels assis vont moins loin qu’un con qui marche… » :-)

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